
C’est l’automne avec le temps froids, les feuilles colorées et bien entendu la célébration effroyable que l’on appelle affectueusement l’Halloween. Le cinéma, depuis des lustres, puisent dans la terreur collective pour produire des véhicules saisonniers vers cette fascination un peu morbide que nous entretenons envers le monde des morts et de l’occulte en général. Pour souligner le tout je vous ai concocté une sélection de films pour le long week-end de l’Halloween. Dans l’ordre et le désordre, les genres et les époques se confondent sous la thématique de l’épouvante pour cette liste basée purement et simplement sur mes goûts et mes envies. N’hésitez pas à la bonifier à votre guise dans les commentaires plus bas car il n’y aura jamais trop de films, simplement trop peu de temps.
HALLOWEEN (États-Unis, 1978)
Réalisé par John Carpenter
Un monument, un incontournable, une réussite sur toute la ligne. Le film de Carpenter a traversé les époques et est encore bien frais dans nos mémoires via les nombreuses suites des aventures de Michael Myers. Mais aucune n’est aussi intense que l’originelle, la poursuite classique entre l’incarnation pure et dure du mal et l’innocence de la jeunesse transposée ici par Jamie Lee Curtis. Un thème musical inoubliable, le visage de la peur n’aura jamais été aussi juste.
HALLOWEEN (États-Unis, 2007)
Réalisé par Rob Zombie
Pour une actualisation et une relecture intrigante de ce qui semblait être un intouchable. Il y a des impairs dans le remake mais l’énergie et la nouvelle forme qu’apporte Zombie sont franchement intéressantes. Son Michael Myers est spectaculairement juste et Malcolm McDowell insuffle une vie surprenante à l’énigmatique Dr. Loomis de l’histoire. À ne pas négliger malgré la mauvaise presse.

WALLACE & GROMIT IN THE CURSE OF THE WERE-RABBIT (Royaume-Unis, 2005)
Réalisé par Nick Park
Nick Park et son équipe, timidement, se sont taillés une place de choix dans le cœur des amateurs de cinéma d’animation. Ici, avec leur savant mélange de genres, ils nous offrent un film presque parfait, autant au niveau de l’esthétisme que du rythme, qui s’appuie fortement sur le langage et la référence pour intégrer son univers à celui qui nous est plus familier. Le ton est festif, bien sûr, mais le fond est pile dans la saison et le ‘Were-Rabbit’ est charmant à vous en glacer le sang.
ZOMBI 2 (Italie, 1979)
Réalisé par Lucio Fulci
Pour un esthétisme de la mort captivant. Fulci a laissé derrière lui un ‘beau‘ film de zombies avec un réel effort sur la composition d’image. La scène sous-marine et les combats de nuit sur l’île des morts sont très bien rendus et malgré les faux pas de l’exercice, seulement les bons moments restent en tête. Un tour de force pour les yeux, littéralement.
ERNEST SCARED STUPID (États-Unis, 1991)
Réalisé par John R. Cherry III
Fondamentalement, le film est mauvais. C’est gauche, c’est facile et cinématographiquement pauvre. Mais, rire des simagrées de Jim Varney est un luxe abordable et toujours le bienvenue. Ici, il combat des monstres véreux (dans le sens de couvert de verrues) à grands coups de pistolet à eau remplis de lait. C’est rassembleur et amusant pour toute la famille, ça célèbre l’halloween et dans tous ces défauts, c’est attendrissants en bout de ligne.

CRITTERS (Etats-Unis, 1986)
Réalisé par Stephen Herek
Un mélange fort divertissant d’humour et d’horreur avec des petites créatures ultra-violentes, un village paisible et des chasseurs de primes de l’espace. Ce n’est pas tant l’inventivité que l’exécution qui est intéressante ici. Sans prétention mais avec des petites pointes délicieuses de cocasseries horrifiques. Bref, les Critters sont attachants même si ils souhaitent vous détachez tous les membres un par un.
TALES FROM THE CRYPT PRESENT : THE DEMON KNIGHT (États-Unis, 1995)
Réalisé par Ernest Dickerson et Gilbert Adler
La série Tales from the Crypt de la chaine HBO est ponctuée de bons et de moins bons moments, comme la défunte série The Twilight Zone à l’époque. Souvent, un bon coup est parsemé de mauvais moments et c’est un peu le cas avec ce film mais, au final, on laisse glisser. C’est dynamique et bien fichu, prêt-à-porter pour la génération MTV et la sauce est étonnamment homogène malgré l’apparent bâclage du projet. On s’amuse et l’humour noir de l’exercice passe très bien à l’écran.
NOSFERATU : PHANTOM DER NACHT (Allemagne, 1979)
Réalisé par Werner Herzog
Klaus Kinski, transfiguré en conte Dracula, vaut à lui seul le visionnement de cette version personnelle de la légende du fantôme de la nuit imaginé par le cinéaste Werner Herzog. À la fois un hommage au film de Murnau et une adaptation libre du livre de Bram Stoker, l’amalgame présenté par Herzog est un délice esthétique et effroyable dès la première minute. On conseil par contre le film dans sa version allemande, le jeu de Kinski et Ganz étant plus intense dans leur langue maternelle même si ils se débrouillent pas si mal dans la version anglaise tournée simultanément.
HOUSE OF WAX (États-Unis, 1953)
Réalisé par André de Toth
Une soirée d’Halloween se doit de contenir au moins une incursion du sinistre Vincent Price. Celle-ci est l’une de ses meilleures et il serait navrant de passer à coté. On oublie le risible reformatage qui date de quelques années avec la poupée de chiffon Paris Hilton et on se concentre plutôt sur cette version qui marie très bien les genres et ne tombe pas trop dans la facilité pour parvenir à ses fins. Price est marquant, comme l’ensemble de la production, et les frissons sont au rendez-vous malgré les quelques rides qu’affichent le film et ses statues de cires.

THE ROCKY HORROR PICTURE SHOW (Royaume-Uni, 1975)
Réalisé par Jim Sharman
C’est excentrique, irrévérencieux et marquant. Le culte envers le film n’est pas hasardeux et on le conseil fortement en salle pour tout le bordel et le protocolaire qui l’entoure.
KILLER KLOWNS FROM OUTER SPACE (Etats-Unis, 1988)
Réalisé par Stephen Chiodo
L’ultime comédie d’horreur sur à peu près tous les niveaux. Des clowns, des fusils laser et de la violence enrobée de barbe-à-papa. Tout est à point dans ce sirupeux mélange absurde et les sourires de ces bouffons de l’espace resteront marqué dans vos têtes. À voir même si les confiseries risquent de prendre une autre saveur par la suite.
CHILD’S PLAY (Etats-Unis, 1988)
Réalisé par Tom Holland
Pour Chucky, bien sûr, et aussi la voix sous-estimé de Brad Dourif qui habite ce personnage d’une façon marquante. Les suites diluent un peu l’idée originale mais fondamentalement, Chucky rassemblait les peurs de l’enfance d’une façon pertinente et ce n’est pas pour rien qu’il a autant marqué l’imaginaire d’une génération façonnée à grand coup de publicité de jouets à la télévision. Une réaction honnête à l’explosion du marketing dirigé vers les enfants.
SAINTS-MARTYRS DES DAMNÉS (Canada, 2005)
Réalisé par Robin Aubert
Une incursion intéressante dans le fantastique de la part d’Aubert avec sa première réalisation. C’est gauche et maladroit par moment mais au global, c’est un film captivant qu’Aubert nous offre avec son langage bien particulier. Beaucoup plus pertinent que Sur le Seuil de Canuel.