By Stephane | December 2, 2009 - 5:17 pm - Posted in Plaisir Coupable

THE MUPPET CHRISTMAS CAROL (États-Unis - 1992)
Réalisé par Brian Henson
Avec Micheal Caine et la troupe des Muppets

Période des fêtes oblige, nos yeux sont surtaxés de rouge et de vert pour le plaisir des petits et des plus grands. Malgré nos agendas un peu plus chargés, il ne faut pas se priver de notre dose régulière de septième art, non monsieur. C’est pourquoi le plaisir coupable se thématise et adopte les couleurs de la saison avec un brin de moquerie et de nostalgie.

The Muppets Christmas Carol est l’ultime film de Noël à consommer seul ou en famille, la seule variante importante ici étant la répétition de l’acte de visionnement. Pas que le film gagne à être analysé et approfondi, c’est plutôt le confort qu’il apporte après chaque visionnement qui pousse vers la répétition excessive. Années après années, comme une grosse couette de laine que l’on cache dans un coffre au grenier pour ne l’utiliser qu’une fois l’an. L’histoire est familière, on l’écoute distraitement sans pourtant en manquer une seule parcelle. L’infâme Scrooge, Bob Cratchit et tous les autres nous les connaissons et nous les aimons. Peu importe l’incarnation, ce conte fait chaud au cœur et redonne, à petites doses, foi en la bonté de l’homme envers son prochain.

Ceci étant dit ce n’est pas lourd de sentiments et de réflexions que feu Jim Henson et sa bande attaquent littéralement le classique de Dickens, bien au contraire. Irrévérencieux au possible, on retrouve tous nos personnages favoris de la populaire série dans une relecture bien particulière du verbe plus traditionnelle de ce cher Dickens. Sans dénaturer quoi que ce soit, la désinvolture et la polissonnerie des marionnettes transfigurent le conte pour lui offrir une nouvelle vie absolument rafraichissante. Avec le brio technique et l’adresse qu’on leur connait, l’équipe du groupe Henson réussit l’exploit de transposer la folie de la série télé sur le grand écran sans pourtant éclipser la source (en l’occurrence le texte de Dickens). Même si le grand Gonzo se dissimule à peine discrètement sous les traits approximatifs de l’auteur/narrateur, on ne sent pas une digression désagréable par rapport à la stature de ce conte sacré. Au contraire, l’hommage est juste et toutes les libertés sont faites dans le plus grand respect. Une boutade honnête, coquine mais jamais mesquine.

C’est la très grande force du film contrairement à des adaptations plus littérales comme, par exemple, la dernière mouture animée de Robert Zemeckis qui ne semble absolument pas en mesure de cerner la magie et de la transposer à l’écran. Ici, la magie est non seulement capturée mais développée à un niveau presque intemporel. Parce que les marionnettes n’ont pas d’âge, comme le conte, ce sont des générations de jeunes et moins jeunes qui pourront se délecter des frasques de Kermit chérissant le jeune Tiny Tim durant le réveillon, entre autre chose.

Tous les films mettant en vedette le groupe des Muppets n’ont pas cette force sauf qu’avec une production comme celle-ci, on peut pardonner beaucoup d’impairs. Parce que les productions Henson, dans l’ensemble, ont cette fâcheuse habitude de transgresser au possible les codes et standards cinématographiques pour faire leurs projets comme bon leur semble. C’est plus souvent qu’autrement agaçant mais ici, pour une raison que j’explique difficilement, ça ajoute à la force du film. Ces petits regards vers la caméra et ces répliques destinées aux spectateurs directement ne brisent étonnamment pas la continuité du récit mais viennent plutôt le bonifier, l’enrichir. En fait, on traite le film comme l’un de ces grands livres d’histoires imagées qui se doivent d’être lu à plats sur les genoux d’un bambin qui voit ses mains trop petites pour manipuler adéquatement les grandes pages pleines de couleurs. Le film puise son essence dans cette relation très sensorielle qu’on lui offre et s’ouvre devant nous pour ne pas nous brusquer dans sa relecture. Il devient ainsi autant le récit que l’objet/livre qui contient les mots et les images. Le mécanisme est exposé et tout le visionnement devient une grande séance nostalgique fort souhaitable durant cette période festive.

Ne manque qu’un chalet enneigé, un foyer généreusement fourni et une panoplie de chaises dépareillés pour rendre l’expérience complètement mémorable.

Gâtez-vous ce plaisir sans hésiter. Et chantez en cœur aussi, y’a pas de honte à avoir. Tout comme il est futile d’essayer de retenir ses larmes. Rassurez-vous, tout le monde chagrine quand Tiny Tim s’éteint durant la vision d’un Noël futur, c’est une réaction normale et toutes autres manifestations devant cette scène sont plutôt inquiétantes si vous voulez mon avis.

En prime, c’est l’occasion rêvez de se ruer sur les superbes coffrets DVDs incluant les intégraux de la série télévisée. C’est beaucoup d’heures d’écoute attentive mais vous serez amplement comblé.

By Stephane | October 31, 2009 - 7:08 am - Posted in AutCinema, Plaisir Coupable

C’est l’automne avec le temps froids, les feuilles colorées et bien entendu la célébration effroyable que l’on appelle affectueusement l’Halloween. Le cinéma, depuis des lustres, puisent dans la terreur collective pour produire des véhicules saisonniers vers cette fascination un peu morbide que nous entretenons envers le monde des morts et de l’occulte en général. Pour souligner le tout je vous ai concocté une sélection de films pour le long week-end de l’Halloween. Dans l’ordre et le désordre, les genres et les époques se confondent sous la thématique de l’épouvante pour cette liste basée purement et simplement sur mes goûts et mes envies. N’hésitez pas à la bonifier à votre guise dans les commentaires plus bas car il n’y aura jamais trop de films, simplement trop peu de temps.

HALLOWEEN (États-Unis, 1978)
Réalisé par John Carpenter

Un monument, un incontournable, une réussite sur toute la ligne. Le film de Carpenter a traversé les époques et est encore bien frais dans nos mémoires via les nombreuses suites des aventures de Michael Myers. Mais aucune n’est aussi intense que l’originelle, la poursuite classique entre l’incarnation pure et dure du mal et l’innocence de la jeunesse transposée ici par Jamie Lee Curtis. Un thème musical inoubliable, le visage de la peur n’aura jamais été aussi juste.

HALLOWEEN (États-Unis, 2007)
Réalisé par Rob Zombie

Pour une actualisation et une relecture intrigante de ce qui semblait être un intouchable. Il y a des impairs dans le remake mais l’énergie et la nouvelle forme qu’apporte Zombie sont franchement intéressantes. Son Michael Myers est spectaculairement juste et Malcolm McDowell insuffle une vie surprenante à l’énigmatique Dr. Loomis de l’histoire. À ne pas négliger malgré la mauvaise presse.

WALLACE & GROMIT IN THE CURSE OF THE WERE-RABBIT (Royaume-Unis, 2005)
Réalisé par Nick Park

Nick Park et son équipe, timidement, se sont taillés une place de choix dans le cœur des amateurs de cinéma d’animation. Ici, avec leur savant mélange de genres, ils nous offrent un film presque parfait, autant au niveau de l’esthétisme que du rythme, qui s’appuie fortement sur le langage et la référence pour intégrer son univers à celui qui nous est plus familier. Le ton est festif, bien sûr, mais le fond est pile dans la saison et le ‘Were-Rabbit’ est charmant à vous en glacer le sang.

ZOMBI 2 (Italie, 1979)
Réalisé par Lucio Fulci

Pour un esthétisme de la mort captivant. Fulci a laissé derrière lui un ‘beau‘ film de zombies avec un réel effort sur la composition d’image. La scène sous-marine et les combats de nuit sur l’île des morts sont très bien rendus et malgré les faux pas de l’exercice, seulement les bons moments restent en tête. Un tour de force pour les yeux, littéralement.

ERNEST SCARED STUPID (États-Unis, 1991)
Réalisé par John R. Cherry III

Fondamentalement, le film est  mauvais. C’est gauche, c’est facile et cinématographiquement pauvre. Mais, rire des simagrées de Jim Varney est un luxe abordable et toujours le bienvenue. Ici, il combat des monstres véreux (dans le sens de couvert de verrues) à grands coups de pistolet à eau remplis de lait. C’est rassembleur et amusant pour toute la famille, ça célèbre l’halloween et dans tous ces défauts, c’est attendrissants en bout de ligne.

CRITTERS (Etats-Unis, 1986)
Réalisé par Stephen Herek

Un mélange fort divertissant d’humour et d’horreur avec des petites créatures ultra-violentes, un village paisible et des chasseurs de primes de l’espace. Ce n’est pas tant l’inventivité que l’exécution qui est intéressante ici. Sans prétention mais avec des petites pointes délicieuses de cocasseries horrifiques. Bref, les Critters sont attachants même si ils souhaitent vous détachez tous les membres un par un.

TALES FROM THE CRYPT PRESENT : THE DEMON KNIGHT (États-Unis, 1995)
Réalisé par Ernest Dickerson et Gilbert Adler

La série Tales from the Crypt de la chaine HBO est ponctuée de bons et de moins bons moments, comme la défunte série The Twilight Zone à l’époque. Souvent, un bon coup est parsemé de mauvais moments et c’est un peu le cas avec ce film mais, au final, on laisse glisser. C’est dynamique et bien fichu, prêt-à-porter pour la génération MTV et la sauce est étonnamment homogène malgré l’apparent bâclage du projet. On s’amuse et l’humour noir de l’exercice passe très bien à l’écran.

NOSFERATU : PHANTOM DER NACHT (Allemagne, 1979)
Réalisé par Werner Herzog

Klaus Kinski, transfiguré en conte Dracula, vaut à lui seul le visionnement de cette version personnelle de la légende du fantôme de la nuit imaginé par le cinéaste Werner Herzog. À la fois un hommage au film de Murnau et une adaptation libre du livre de Bram Stoker, l’amalgame présenté par Herzog est un délice esthétique et effroyable dès la première minute. On conseil par contre le film dans sa version allemande, le jeu de Kinski et Ganz étant plus intense dans leur langue maternelle même si ils se débrouillent pas si mal dans la version anglaise tournée simultanément.

HOUSE OF WAX (États-Unis, 1953)
Réalisé par André de Toth

Une soirée d’Halloween se doit de contenir au moins une incursion du sinistre Vincent Price. Celle-ci est l’une de ses meilleures et il serait navrant de passer à coté. On oublie le risible reformatage qui date de quelques années avec la poupée de chiffon Paris Hilton et on se concentre plutôt sur cette version qui marie très bien les genres et ne tombe pas trop dans la facilité pour parvenir à ses fins. Price est marquant, comme l’ensemble de la production, et les frissons sont au rendez-vous malgré les quelques rides qu’affichent le film et ses statues de cires.

THE ROCKY HORROR PICTURE SHOW (Royaume-Uni, 1975)
Réalisé par Jim Sharman

C’est excentrique, irrévérencieux et marquant. Le culte envers le film n’est pas hasardeux et on le conseil fortement en salle pour tout le bordel et le protocolaire qui l’entoure.

KILLER KLOWNS FROM OUTER SPACE (Etats-Unis, 1988)
Réalisé par Stephen Chiodo

L’ultime comédie d’horreur sur à peu près tous les niveaux. Des clowns, des fusils laser et de la violence enrobée de barbe-à-papa. Tout est à point dans ce sirupeux mélange absurde et les sourires de ces bouffons de l’espace resteront marqué dans vos têtes. À voir même si les confiseries risquent de prendre une autre saveur par la suite.

CHILD’S PLAY (Etats-Unis, 1988)
Réalisé par Tom Holland

Pour Chucky, bien sûr, et aussi la voix sous-estimé de Brad Dourif qui habite ce personnage d’une façon marquante. Les suites diluent un peu l’idée originale mais fondamentalement, Chucky rassemblait les peurs de l’enfance d’une façon pertinente et ce n’est pas pour rien qu’il a autant marqué l’imaginaire d’une génération façonnée à grand coup de publicité de jouets à la télévision. Une réaction honnête à l’explosion du marketing dirigé vers les enfants.

SAINTS-MARTYRS DES DAMNÉS (Canada, 2005)
Réalisé par Robin Aubert

Une incursion intéressante dans le fantastique de la part d’Aubert avec sa première réalisation. C’est gauche et maladroit par moment mais au global, c’est un film captivant qu’Aubert nous offre avec son langage bien particulier.  Beaucoup plus pertinent que Sur le Seuil de Canuel.

By Stephane | June 4, 2009 - 10:28 am - Posted in Critiques, Plaisir Coupable

CHOKE (USA - 2008)
Réalisé par Clark Gregg
Avec Sam Rockwell, Anjelica Huston
Inspiré du roman de Chuck Palahniuk, publié en 2001

J’ai encensé la sortie du film avant même de voir une bande-annonce. Puis, je me suis ravisé et j’ai déchanté devant les critiques décevantes et les images qui étaient de moins en moins alléchantes.

J’ai donc mis le film de coté jusqu’à aujourd’hui.

Dénué d’attentes, j’ai été agréablement surpris par le projet sans prétention qui s’attaque au costaud roman de Chuck Palahniuk. S’attaquer est le mot juste parce que dans le changement de médium, le film laisse de coté une bonne partie des anecdotes et des situations introduites par le roman et se consacre surtout à l’essence de celui-ci, autour d’une narration assez linéaire pour éviter la confusion.

Et honnêtement, c’est la force du film. Le défrichage appliqué pour rendre intelligible l’univers anecdotique du livre est vraiment efficace et rend l’expérience agréable même pour quelqu’un qui n’est pas du tout familier avec l’univers un peu tordu de ces accros du sexe.

Et l’idée qui ressort, c’est l’urgence que vive les ‘addicts‘ dans leur quête de rédemption. Quiconque a côtoyé quelqu’un  qui a vécu les fameuses ‘12 étapes’ peut comprendre l’espèce de prison intérieure qu’elles représentent. À vouloir faire du bien, on finit toujours par trébucher et une seule fois suffit pour que l’ensemble s’écroule. C’est un fardeau, mais c’est surtout une réalité.

Le film s’appuie aussi énormément sur la notion de changement par l’amour. Mais pas par l’amour que l’on reçoit mais bien par l’amour que l’on se permet d’offrir. Comme quoi un individu ne peut pas évoluer progressivement vers l’avant s’il se refuse d’aimer quelqu’un d’autre que lui-même.

Je ne vais donc pas m’attarder sur les détails techniques du film, le jeu de Sam Rockwell et la réalisation un peu gauche. Je ne vais pas non plus faire le procès de ce qui aurait du être dans le film et qui était essentielle au livre. Non, je vous laisse le soin de visionner le film et de juger vous-même.

Je vais plutôt laissé planer la réflexion par rapport à l’amour. À l’amour que l’on reçoit qui nous conforte dans nos positions et ultimement, à l’amour que l’on donne qui dicte nos positions. Avoir à vivre les douze étapes pour moi-même, cette fois, c’est surement sur cette nuance amoureuse que je trébucherais. La quatrième étape … celle où l’on fait le décompte de tout ce qui a été … et de toutes les choses que l’on doit faire pour continuer d’être.

Le film est le produit de cette quatrième étape. Plus corrosif, plus sexuel, plus irrévérencieux, mais criant essentiellement une chanson d’amour que personne n’écoute.

Jetez un œil au film, ne serait-ce que pour le survol de cette réflexion. Pour le reste, y’a toujours le bouquin.

By Stephane | May 28, 2009 - 7:06 pm - Posted in Critiques, Plaisir Coupable

WHITE MEN CAN’T JUMP (États-Unis - 1992)
Réalisé par Ron Shelton
Avec Woody Harrelson, Wesley Snipes et Rosie Perez

Pour ce premier plaisir coupable de l’AutCinema.com, on retourne au cœur des années 90. 1992 pour être plus précis, j’avais huit ans à l’époque. J’étais encore impressionnable et je caressais bêtement le rêve d’être le prochain Mario Lemieux. En fait, c’est un mensonge, je caressais plutôt le rêve d’être le prochain Micheal Jordan et de pouvoir littéralement voler dans les airs avec un ballon de cuir et des souliers démesurément grands. C’était ce à quoi je rêvais quand je lançais gauchement des dizaines et des dizaines de ballons après la petite école quelques fois par semaine. C’était le ‘hoop dreams‘ à petite échelle parce que dans ma région natale, le basketball est aussi populaire que le polo à Montréal et j’exagère à peine.

Ceci étant dit, parlons de White Men Can’t Jump, ce classique du cinéma sportif mettant en vedette Woody Harrelson et Wesley Snipes. À la barre de ce flamboyant projet, Ron Shelton qui dans sa carrière a presque breveté le film de sports avec les intemporels Bull Durham, Cobb et Tin Cup. On est en droit d’être servi avec ce genre de démonstration avant même le début du film.

D’entrée de jeu, établissons que le film ne vole jamais bien haut. Ce n’est rien de plus que les mésaventures d’une petite bande de malfrats parieurs qui utilisent le basket-ball pour arrondir leur fin de mois et subvenir à leurs besoins. C’est sale, légèrement immoral mais surtout, ça parle de basket-ball. Ça pourrait être des tueurs en séries qui jouent au basket-ball en prison que je serais en bonne disposition pour apprécier le film. Je suis un très mauvais public pour les films de sports. Dans mon amour du cinéma il y a cette petite faiblesse. La formule du laissé pour compte qui triomphe dans une finale enlevante, ça marche à chaque fois avec moi.

White Men Can’t Jump ne manque pas à l’appel avec la construction des mythiques opposants que devront affronter Snipes et Harrelson pour clore la boucle de cette débandade sportive. Jusqu’à cette finale enlevante, les deux truands exploitent au maximum tous les clichés de films de sports, remportant même un tournoi 2vs2 comme si de rien était.

Le scénario est prévisible et écris au Sharpie bien gras mais, il fonctionne. C’est linéaire, un peu touchant, un peu intriguant avec un minimum d’action et beaucoup de sport. On attend avec impatience l’autodestruction des personnages pour qu’ils puissent se reconstruire dans un ultime moment de gloire et de victoire contre l’adversité.

C’est ce que je vous conseil. Beaucoup de friandises et une épaule contre laquelle vous appuyer. Non seulement les paroles de ce film ce boivent comme une bière un peu tiède, mais ils provoquent le même effet un peu étourdissant lorsqu’on essai de les mettre en perspective avec un cinéma plus étoffé. Un peu de navet n’a jamais tué personne, en fait, j’imagine que ça permet de mieux apprécier les trucs plus ronds en bouche par la suite.