By Stephane | July 26, 2009 - 9:13 am - Posted in Critiques

HUMPDAY (États-Unis, 2009)
Réalisé par Lynn Shelton
Avec
Mark Duplass & Joshua Leonard

Dans le cadre de la portion Anglophone et cinématographique du Festival Juste pour Rire, j’ai eu la chance d’assister à la première d’un petit film (dans tous les sens) qui a réussi le pari difficile de me charmer en partant d’un bien mauvais pied dans un contexte qui a priori n’est pas propice à l’appréciation d’une production filmique de qualité. L’ambiance du festival et la foule présente à l’Impérial pour cette première peu ou pas médiatisée n’était pas de bonne augure avant même que les premières images du film se pointent le bout du nez. Heureusement pour moi, il y a des surprises dans la vie.

Humpday de Lynn Shelton s’articule adroitement autour de l’étroite camaraderie entre deux anciens co-chambreurs universitaires qui se retrouvent plusieurs années plus tard lors qu’Andrew débarque à l’improviste chez Ben en plein milieu de la nuit. Cette prémisse est plutôt standard et établit les deux hommes très rapidement dans le film. Ben a une vie rangée, stable et trouve du sens dans l’établissement d’un nid familial confortable pour sa femme et sa future progéniture. Andrew lui a la route qui lui colle au derrière, collectionnant les anecdotes et les périples sans itinéraires qui façonnent sa vie d’homme depuis la sortie de l’école.

Après s’être perdu de vue, les deux hommes reprennent là où ils se sont laissé, en quelque sorte, et leur réunion ultime se produira lors d’une fête bohème dans laquelle Andrew se trouve à trainer Ben et ainsi enligner le duo sur un défi des plus inusité : Produire un film pornographique les mettant en vedette pour célébrer l’amour hétérosexuel entre deux hommes qui partagent une relation intime devant la caméra.

Le film, en gros, c’est ce défi éthylique que les deux hommes, une fois revenu à la  sobriété du quotidien, décide de poursuivre parce qu’ils s’aiment suffisamment pour passer outre cette barrière sexuelle. L’établissement de ce pari est aussi le point où le film aurait pu tomber en véritable chute libre mais étonnamment, Shelton offre une superbe plate forme à ses deux comédiens qui polissent et enrichissent leurs personnages qui se retrouvent à s’ouvrir à petit feu devant nos yeux pour finalement orchestrer une superbe démonstration d’amitié entre deux hommes. Jonglant toujours entre l’humour léger, le malaise et la conformité, les deux hommes dessinent les grands traits de ce défi et incorporent leurs univers respectifs à cette folie qui au lieu de les isoler du reste du monde leur permette plutôt de l’intégrer avec une perspective singulière.

Lynn Shelton a relevé haut la main le défi d’évité de tomber dans la facilité et le parcours de ces deux protagonistes est presque admirable dans la mesure où il surprend dans la simplicité et la candeur. Il n’y a pas d’artifice et peu ou pas de rebondissements à tirer par les cheveux. Shelton choisi de poser sa caméra et de cadrer la vie comme elle se déroule. La beauté du film réside dans ce choix conscient de ne pas alourdir la production inutilement avec des trames narratives trop chargées. Les deux hommes sont et demeurent le focus du film pour son grand bien. Duplass et Leonard offrent une performance solide et la camaraderie qu’ils dégagent est palpable, bien au-delà des lignes qu’ils doivent servir pour que le film fonctionne.

Bien sûr, les limitations de la petite production peuvent agacer à l’occasion. Les locations sont minimes et les cadres toujours très serrés. Il n’y a pas vraiment d’acteurs de soutiens et par moment le film ressemble plus à une collection de saynètes mettant en vedette les deux hommes. Mais dans la répétition de la formule réside un certain charme qui, prit dans l’ensemble, insuffle une énergie singulière au film. C’est sans parler de la musique composer spécialement pour le film qui enrobe cette petite histoire à merveille. Les brèves apparitions de Shelton devant la caméra ne vont pas sans rappeler l’esprit communautaire et indépendant du film qui ne se cache jamais véritablement de ses limitations.

Pour notre grand plaisir, c’est souvent dans les contraintes les plus sauvages que le cinéma trouve ses plus belles aires d’allées. Il y a toujours eu les conjonctures sociopolitiques pour teinter l’orientation d’une production filmique mais dans une Amérique plus libre et plus ouverte sur le monde, les contraintes financières ont pris le rôle de principale censure. C’est avec beaucoup d’habiletés que Shelton réussie à positionner son film dans une industrie qui à la base ne lui a pas véritablement tendu la main.

A voir ne serait-ce que pour la belle démonstration de camaraderie entre deux hommes et les quelques fous rires occasionnées par leur malaise à découvrir leurs corps dénudés. Une belle surprise estivale que je vous conseille fortement.

By Stephane | July 22, 2009 - 4:30 pm - Posted in Actualités

J’aime le Cinéma du Parc et, plus souvent qu’à son tour, il me le rend bien.

Cette fois, il m’amadoue avec une superbe rétrospective intégrale de l’œuvre d’un cinéaste que j’affectionne particulièrement : John Cassavetes.

Pour ceux qui sont moins familiers avec l’homme, disons en bref que c’est l’une des visions les plus marquantes de l’Amérique moderne que le cinéma puisse conserver dans ses archives à la mémoire intransigeante. Cassavetes c’est un cinéma libre, indépendant, frivole, délinquant et posé à la fois. C’est la quotidienneté vu par l’extraordinaire ou inversement, l’extraordinaire au travers du quotidien.

Cassavetes a laissé des images si fortes que son nom fait encore écho même vingt ans après sa mort. Son fils tente tant bien que mal de faire perdurer l’imagerie du père mais il n’y a qu’un seul John et voici votre chance de le découvrir dans toute sa splendeur.

Gâtez-vous, le tout commence le 31 Juillet et se termine le 13 Août. Plusieurs représentations pour chacun des films donc, aucune excuse. Ils sont tous bons, sans exception. Mais si vous avez vraiment a choisir, jetez votre dévolu sur l’un de ses deux films : A WOMAN UNDER THE INFLUENCE et THE KILLING OF A CHINESE BOOKIE. Mais choisir, dans la vie, vous privera d’une quantité de plaisirs phénoménale alors soyez logiques, choisissez de ne pas choisir et aller tous les voir, ne serait-ce que pour fuir l’humidité qui règne sur le grand Montréal depuis le début de l’été.

Vous pouvez trouver toutes les informations pertinentes EN CLIQUANT ICI ou sinon voici la liste détaillée des projections pour que vous ajustiez vos agendas adéquatement.

Bon Cinéma!

SHADOWS
Vendredi 31 juillet 21h00, Samedi 1 août 19h20, Dimanche 2 août 15h00

TOO LATE BLUES
Vendredi 31 juillet 19h00, Samedi 1 août 21h00, Dimanche 2 août 17h00

A CHILD IS WAITING
Samedi 1 août 15h00, Dimanche 2 août 19h00

FACES
Samedi 1 août 17h00, Dimanche 2 août 21h00, Lundi 3 août 19h00

HUSBANDS
Lundi 3 août 21h30, Mardi 4 août 19h00, Samedi 8 août 15h00

MINNIE AND MOSKOWITZ
Mardi 4 août 21h15, Mercredi 5 août 19h00, Samedi 8 août 17h00

A WOMAN UNDER THE INFLUENCE
Mercredi 5 août 21h00, jeudi 6 août 18h45,
Vendredi 7 août 21h30, Dimanche 9 août 16h45

THE KILLING OF A CHINESE BOOKIE
Jeudi 6 août 21h30, Vendredi 7 août 19h00

OPENING NIGHT
Samedi 8 août 19h00, Dimanche 9 août 14h15,
Lundi 10 août 21h15, Mardi 11 août 19h00

GLORIA
Samedi 8 août 21h30, Dimanche 9 août 19h30,
Lundi 10 août 19h00, Mardi 11 août 21h30

LOVE STREAMS
Dimanche 9 août 21h30, Mercredi 12 août 21h00, Jeudi 13 août 19h00

BIG TROUBLE
Mercredi 12 août 19h00, Jeudi 13 août 21h30

By Stephane | July 17, 2009 - 1:58 pm - Posted in Actualités

L’annonce est officielle, c’est le troisième long métrage de Ricardo Trogi (Horloge Biologique, Québec-Montréal) qui ouvrira le Festival des Films du Monde de cette année.

Ma réaction?

Je trouve un peu déplorable le choix de cette production pour amorcer les festivités du septième art à Montréal. On essai de rivaliser avec Toronto, se remettre d’aplomb sur la scène internationale et on offre la plus belle tribune à monsieur Trogi qui, sans vouloir être méchant, n’a jamais vraiment été digne d’intérêt en ce qui attrait à sa réalisation.

C’est sympathique, c’est local, c’est rétro mais essentiellement c’est aussi fade et peu substantiel.

Une minute de bande-annonce et c’est déjà la même rengaine. À pieds joints dans les années 80, gros tubes musicaux à l’appui, Trogi fait dans la nostalgie bas-de-gamme et c’est ce qui devrait nous ouvrir sur l’avenir du cinéma à Montréal.

Je vous laisse être les juges mais pour ma part … je boude, simplement.