By Stephane | October 31, 2009 - 7:08 am - Posted in AutCinema, Plaisir Coupable

C’est l’automne avec le temps froids, les feuilles colorées et bien entendu la célébration effroyable que l’on appelle affectueusement l’Halloween. Le cinéma, depuis des lustres, puisent dans la terreur collective pour produire des véhicules saisonniers vers cette fascination un peu morbide que nous entretenons envers le monde des morts et de l’occulte en général. Pour souligner le tout je vous ai concocté une sélection de films pour le long week-end de l’Halloween. Dans l’ordre et le désordre, les genres et les époques se confondent sous la thématique de l’épouvante pour cette liste basée purement et simplement sur mes goûts et mes envies. N’hésitez pas à la bonifier à votre guise dans les commentaires plus bas car il n’y aura jamais trop de films, simplement trop peu de temps.

HALLOWEEN (États-Unis, 1978)
Réalisé par John Carpenter

Un monument, un incontournable, une réussite sur toute la ligne. Le film de Carpenter a traversé les époques et est encore bien frais dans nos mémoires via les nombreuses suites des aventures de Michael Myers. Mais aucune n’est aussi intense que l’originelle, la poursuite classique entre l’incarnation pure et dure du mal et l’innocence de la jeunesse transposée ici par Jamie Lee Curtis. Un thème musical inoubliable, le visage de la peur n’aura jamais été aussi juste.

HALLOWEEN (États-Unis, 2007)
Réalisé par Rob Zombie

Pour une actualisation et une relecture intrigante de ce qui semblait être un intouchable. Il y a des impairs dans le remake mais l’énergie et la nouvelle forme qu’apporte Zombie sont franchement intéressantes. Son Michael Myers est spectaculairement juste et Malcolm McDowell insuffle une vie surprenante à l’énigmatique Dr. Loomis de l’histoire. À ne pas négliger malgré la mauvaise presse.

WALLACE & GROMIT IN THE CURSE OF THE WERE-RABBIT (Royaume-Unis, 2005)
Réalisé par Nick Park

Nick Park et son équipe, timidement, se sont taillés une place de choix dans le cœur des amateurs de cinéma d’animation. Ici, avec leur savant mélange de genres, ils nous offrent un film presque parfait, autant au niveau de l’esthétisme que du rythme, qui s’appuie fortement sur le langage et la référence pour intégrer son univers à celui qui nous est plus familier. Le ton est festif, bien sûr, mais le fond est pile dans la saison et le ‘Were-Rabbit’ est charmant à vous en glacer le sang.

ZOMBI 2 (Italie, 1979)
Réalisé par Lucio Fulci

Pour un esthétisme de la mort captivant. Fulci a laissé derrière lui un ‘beau‘ film de zombies avec un réel effort sur la composition d’image. La scène sous-marine et les combats de nuit sur l’île des morts sont très bien rendus et malgré les faux pas de l’exercice, seulement les bons moments restent en tête. Un tour de force pour les yeux, littéralement.

ERNEST SCARED STUPID (États-Unis, 1991)
Réalisé par John R. Cherry III

Fondamentalement, le film est  mauvais. C’est gauche, c’est facile et cinématographiquement pauvre. Mais, rire des simagrées de Jim Varney est un luxe abordable et toujours le bienvenue. Ici, il combat des monstres véreux (dans le sens de couvert de verrues) à grands coups de pistolet à eau remplis de lait. C’est rassembleur et amusant pour toute la famille, ça célèbre l’halloween et dans tous ces défauts, c’est attendrissants en bout de ligne.

CRITTERS (Etats-Unis, 1986)
Réalisé par Stephen Herek

Un mélange fort divertissant d’humour et d’horreur avec des petites créatures ultra-violentes, un village paisible et des chasseurs de primes de l’espace. Ce n’est pas tant l’inventivité que l’exécution qui est intéressante ici. Sans prétention mais avec des petites pointes délicieuses de cocasseries horrifiques. Bref, les Critters sont attachants même si ils souhaitent vous détachez tous les membres un par un.

TALES FROM THE CRYPT PRESENT : THE DEMON KNIGHT (États-Unis, 1995)
Réalisé par Ernest Dickerson et Gilbert Adler

La série Tales from the Crypt de la chaine HBO est ponctuée de bons et de moins bons moments, comme la défunte série The Twilight Zone à l’époque. Souvent, un bon coup est parsemé de mauvais moments et c’est un peu le cas avec ce film mais, au final, on laisse glisser. C’est dynamique et bien fichu, prêt-à-porter pour la génération MTV et la sauce est étonnamment homogène malgré l’apparent bâclage du projet. On s’amuse et l’humour noir de l’exercice passe très bien à l’écran.

NOSFERATU : PHANTOM DER NACHT (Allemagne, 1979)
Réalisé par Werner Herzog

Klaus Kinski, transfiguré en conte Dracula, vaut à lui seul le visionnement de cette version personnelle de la légende du fantôme de la nuit imaginé par le cinéaste Werner Herzog. À la fois un hommage au film de Murnau et une adaptation libre du livre de Bram Stoker, l’amalgame présenté par Herzog est un délice esthétique et effroyable dès la première minute. On conseil par contre le film dans sa version allemande, le jeu de Kinski et Ganz étant plus intense dans leur langue maternelle même si ils se débrouillent pas si mal dans la version anglaise tournée simultanément.

HOUSE OF WAX (États-Unis, 1953)
Réalisé par André de Toth

Une soirée d’Halloween se doit de contenir au moins une incursion du sinistre Vincent Price. Celle-ci est l’une de ses meilleures et il serait navrant de passer à coté. On oublie le risible reformatage qui date de quelques années avec la poupée de chiffon Paris Hilton et on se concentre plutôt sur cette version qui marie très bien les genres et ne tombe pas trop dans la facilité pour parvenir à ses fins. Price est marquant, comme l’ensemble de la production, et les frissons sont au rendez-vous malgré les quelques rides qu’affichent le film et ses statues de cires.

THE ROCKY HORROR PICTURE SHOW (Royaume-Uni, 1975)
Réalisé par Jim Sharman

C’est excentrique, irrévérencieux et marquant. Le culte envers le film n’est pas hasardeux et on le conseil fortement en salle pour tout le bordel et le protocolaire qui l’entoure.

KILLER KLOWNS FROM OUTER SPACE (Etats-Unis, 1988)
Réalisé par Stephen Chiodo

L’ultime comédie d’horreur sur à peu près tous les niveaux. Des clowns, des fusils laser et de la violence enrobée de barbe-à-papa. Tout est à point dans ce sirupeux mélange absurde et les sourires de ces bouffons de l’espace resteront marqué dans vos têtes. À voir même si les confiseries risquent de prendre une autre saveur par la suite.

CHILD’S PLAY (Etats-Unis, 1988)
Réalisé par Tom Holland

Pour Chucky, bien sûr, et aussi la voix sous-estimé de Brad Dourif qui habite ce personnage d’une façon marquante. Les suites diluent un peu l’idée originale mais fondamentalement, Chucky rassemblait les peurs de l’enfance d’une façon pertinente et ce n’est pas pour rien qu’il a autant marqué l’imaginaire d’une génération façonnée à grand coup de publicité de jouets à la télévision. Une réaction honnête à l’explosion du marketing dirigé vers les enfants.

SAINTS-MARTYRS DES DAMNÉS (Canada, 2005)
Réalisé par Robin Aubert

Une incursion intéressante dans le fantastique de la part d’Aubert avec sa première réalisation. C’est gauche et maladroit par moment mais au global, c’est un film captivant qu’Aubert nous offre avec son langage bien particulier.  Beaucoup plus pertinent que Sur le Seuil de Canuel.

By Stephane | October 12, 2009 - 8:16 am - Posted in Actualités

Pour souligner le 30e anniversaire de la chaîne spécialisée, ESPN a mis sur pied le projet 30 for 30 qui invite une trentaine d’artisans du cinéma et de la télévision à réaliser une série de documentaires sur trente évènements sportifs qui ont marqués les trente dernières années. Le projet est monumental et inclus plusieurs gros noms de l’industrie.

Vous pouvez visiter le site officiel du projet en cliquant - ICI -

Pour vous donner l’eau à la bouche, le premier de ces films est disponible en ligne gratuitement. Malheureusement pour les résidents du Canada, ESPN n’est pas disponible directement sur la télévision câblée alors il nous est donc impossible de suivre cette superbe série de films lors des multiples diffusions sur le réseau. Heureusement pour nous, l’internet existe pour nous faire patienter jusqu’à la sortie d’un coffret DVD qui, je l’espère, ne saura pas trop tarder.

Alors voici pour les curieux, l’excellent King’s Ransom de Peter Berg (Friday Night Lights) qui revisite pour nous la célèbre transaction qui envoya Wayne Gretzky aux Kings de Los Angeles en Août 1988. C’est tout court, 45 minutes à peine, mais c’est une incursion fascinante dans les coulisses de cette transaction qui a secouée les fondations de la LNH pour les années à venir.

Vous pouvez le visionnez intégralement en suivant - CE LIEN - et faites circuler le lien, ça vaut vraiment la peine d’être vu et il faut célébrer ce genre d’initiative qui combine l’expansion de la télévision et le cinéma documentaire.

By Stephane | October 11, 2009 - 9:36 pm - Posted in Critiques

THE TROTSKY (Canada, 2009)
Réalisé par Jacob Tierney
Avec
Jay Baruchel, Geneviève Bujold, Anne-Marie Cadieux

Le cinéma, plus souvent qu’autrement, gagne dans la simplicité. Que ce soit au niveau des textes, des images ou des effets esthétiques, le cinéaste se trompe rarement quand il décide d’en mettre un peu moins et ainsi permettre au film de respirer de par lui-même lors de la projection devant public. Une prudence que l’on conseille à tout jeune réalisateur qui aspire à une longue carrière. Jacob Tierney (Twist), avec son deuxième long métrage, s’éloigne dangereusement de cette règle de base et réussi, malgré tout, l’audacieux pari de rendre attachant un récit qui à première vue carbure à l’invraisemblance et à l’incohérence.

Leon (Jay Baruchel) est un jeune adolescent anglophone de l’ouest de Montréal qui croit dur comme fer qu’il est la réincarnation de l’activiste révolutionnaire Leon Trotsky, rien de moins. Autour de cette conviction profonde s’articule un récit tantôt loufoque, tantôt ludique, qui surprend par sa profondeur et son humanité touchante et toujours très terre à terre. Dans l’écriture assez lourde et remplie de double sens, Tierney se trouve une niche confortable et offre tout l’espace nécessaire à ses acteurs pour qu’ils brillent dans cette production qui dépasse très rapidement les attentes initiales.

Sans rien réinventer, Tierney manie habilement le langage narratif et son instinct très (trop) montréalais par moment lui permet d’offrir un ensemble très efficace dans la mesure où l’on outrepasse l’omniprésence de l’ombre de Trotsky sur son récit. Fort heureusement, cet handicap n’est pas de taille dans la mesure où le récit se développe progressivement vers une fable humaine et sensible sur l’implication, et l’absence d’implication, des jeunes dans un Montréal bilingue mais qui ne se parle pas nécessairement.

C’est clairement cette lucidité et cette sensibilité qui transporte le film et c’est aussi ce qui nous permet de pardonner les quelques écarts du réalisateur qui mets en image, avec beaucoup de maladresses, des hommages plutôt caricaturaux à des canons du cinéma soviétiques de la première moitié du vingtième siècle. Ces digression peuvent déranger mais jamais suffisamment pour ternir l’expérience que procure le film.

En bref, un bon visionnement avec ses très bons moments à des endroits qu’on ne lui suspectait pas. Dans le détail, un film inégal qui souffre de l’hermétisme de l’entourage de Tierney qui travail peut-être trop avec les mêmes personnes et qui ne s’ouvrent pas énormément sur ce qui se fait à l’extérieur de sa production. Il y aurait matière à développer ici mais on lui souhaite tout de même énormément de bien étant donné que le visionnement était très agréable. Juste assez drôle pour décrocher quelques sourires et justes assez touchant pour faire réfléchir.

The Trotsky est une belle réussite et la démonstration qu’un cinéma non-francophone existe à Montréal et qu’il gagne à être (re)connu.

(Présenté dans le cadre du Festival du Nouveau Cinéma de Montréal)

By Stephane | October 1, 2009 - 11:15 am - Posted in Actualités

Joie dans mon cœur.

Le Mardi 20 Octobre prochain, la Cinémathèque Québécoise, en collaboration avec l’ONF et le festival du film d’animation d’Ottawa, nous gâte avec une présentation toute spéciale en présence du cinéaste d’animation américain Don Hertzfeldt.

Au programme, six des courts-métrages du cinéaste précédé d’une présentation par l’homme lui-même, qui sera de passage à Montréal pour une des trop rare fois.

Peux ceux qui sont peu familier avec ce cinéaste indépendant, disons que son œuvre se résume dans la simplicité et l’efficacité narrative. Comme le souligne Marco de Blois dans son texte présentatif de l’évènement, le trait de crayon singulièrement épuré de l’animateur détone de l’habituel spectacle d’artifices que sont devenus les films d’animations à grand public.

Autonome dans tous les sens du terme, la carrière d’Hertzfeldt en est une qui reflète la possibilité qu’internet et sa micro diffusion offrent. Sans l’appui de grosses boîtes et de gros portefeuilles pour voyager autour du monde, Hertzfeldt a maximisé l’utilisation de son site web pour diffuser son art, le monnayer avec des produits dérivés et ultimement entretenir un auditoire sans cesse grandissant.

Sobre mais ambitieux, le cinéma d’Hertzfeldt se colle le nez sur une fenêtre un peu salle qui donne sur la grande cours qu’est la vie au quotidien. Observateur mais surtout cynique, les rondelets personnages d’Hertzfeldt nous transportent de plus en plus dans une réflectivité qui ne va pas sans rappeler les auteurs de la côte-ouest natale du cinéaste qui démultiplient les narrations à la première personne et les récits introspectifs dans le quotidien de tous et chacun.

La vie à plat sur le papier blanc…

Prenez la peine de découvrir ce cinéaste en encourageant la Cinémathèque qui a eu une superbe initiative qui, par la bande, moussera leur Sommet de l’Animation à venir en Décembre.

Toute l’information pertinente est - ICI -

Et voici la liste des films qui seront présentés (avec un peu de recherche, la plupart se trouvent sur YouTube pour vous donner une idée)

Billy’s Balloon
Everything will Be OK
I Am So Proud of You
Intermission in the Third Dimension
The Meaning of Life
Rejected

Et vous pouvez aussi visitez le site officiel de l’animateur en cliquant - ICI -